Historique

athra & compagnie existe depuis plus de vingt ans.

Touche à tout, curieuse, enthousiaste et passionnée, elle aime le théâtre sous toutes ses formes et n’a de cesse d’explorer des univers et des styles différents.

Née de la rencontre d’Olivier Papot et de Béatrice Chatron, ses spectacles sont le fruit du mélange de leurs sensibilités quelque peu différentes quoique tendues vers une même obsession existentielle. Ionesco disait : « situer la problématique de l’humain sur un plan ontologique ».

Les premières années de la compagnie sont intimement liées à la très belle histoire de son premier spectacle Les Aventures du Magnifico, commedia dell’arte revisitée. Grâce à sa forme et son impertinence totalement atypique, il ouvre les portes des festivals et de lieux institutionnalisés (Festival Eclat, Atelier 231, SN Alençon, Les Abattoirs de Chalon etc). Créé d’abord pour aller là où le théâtre va peu, il est représenté plus de 400 fois. S’ensuivent plusieurs créations soutenues par les Centres Nationaux des Arts de la Rue, la DMDTS, etc. Leurs esthétiques et leurs univers diffèrent, marquées par la « pâte » de chaque créateur, Olivier Papot, Béatrice Chatron ou des metteurs en scène invités (Dober-Mann en 1999, spectacle sur la violence d’après des textes de Jean-Yves Picq et une mise en scène de Mauricio Celedon, Folies Foraines en 2001, adaptation de Faust dans un train fantôme, Le Grand Poucet en 2003, commande d’auteur à Jean-Yves Picq).

En 2003, le conflit des intermittents pousse Olivier Papot et Béatrice Chatron à redéfinir leur démarche. Ils ne renouvellent pas leur résidence avec le Sémaphore (Scène Conventionnée-63) et s’engagent dans un nomadisme artistique en partenariat avec des territoires, une utopie faite réalité avec le voyage dans le Cantal, le Puy-de-Dôme puis les Antilles, les Caraïbes, Cuba, le Chili, l’Espagne et le Maroc (partenariats avec les Instituts Français et les Alliances Françaises) de La petite marchande de je t’aime, performance-spectacle (racontée géo-poétique avec installation plastique, écrits intimes, photographie, vidéos et site internet). A leur retour, ils continuent de se nourrir de leurs univers différents et chacun développe une ligne de travail plus particulière, entre espace social et sphère intime, humour comme « politesse du désespoir » face aux étrangetés du monde et vertige de l’être.

« L’art est un laboratoire mais aussi une fête de possibilités ». Cette phrase d’Ernst Bloch extraite du Principe espérance pourrait résumer le projet et l’état d’esprit d’athra& compagnie aujourd’hui : expérimenter des formes théâtrales variées, à géométrie variable (format pour les théâtres, la rue, intégrant des groupes d’amateurs…) avec, pour chaque projet, le souci de partager collectivement une pensée (une réflexion philosophique, existentielle et/ou politique sur notre époque) dans une approche ludique et exigeante.

D’ailleurs, athra & compagnie intègre systématiquement à son processus de création le public : (médiation, transmission, formation, partage d’expériences).